Quel registre tenir ?

Registre des stupéfiants : quelles mentions, quelle forme, et combien de temps le garder ?

En bref : toute entrée et toute sortie de stupéfiant s'inscrit, à chaque opération, sur un registre papier ou dans un logiciel qui empêche de modifier après coup (article R. 5132-36 du code de la santé publique). Sur papier : à l'encre, sans blanc ni surcharge. Une balance chaque mois, un inventaire chaque année. Et on garde tout dix ans après la dernière mention.

Qui doit le tenir

Les personnes listées à l'article R. 5132-76 : notamment les pharmaciens titulaires d'une officine, les pharmaciens gérants d'une pharmacie mutualiste ou d'une pharmacie à usage intérieur (PUI), et les vétérinaires. Ce sont les articles R. 5132-36 et R. 5132-81 qui leur imposent le registre.

Ce qu'on y écrit

  • À chaque opération, avec sa date.
  • Les entrées : ce que vous recevez et la quantité ; pour une spécialité, les quantités reçues en unités de prise.
  • Les sorties : pour une préparation magistrale ou officinale, le stupéfiant utilisé et sa quantité ; pour une spécialité, les quantités délivrées en unités de prise.
  • Chaque mois, une balance des entrées et des sorties.
  • Chaque année, l'inventaire du stock, par pesées et décomptes. Les écarts entre la balance et l'inventaire sont notés, et contrôlés à la visite suivante de l'inspecteur.

Le nom du patient et celui du prescripteur ne sont pas demandés par cet article : ils vont dans l'ordonnancier.

La forme, sur papier

Pour les inscriptions et la balance : « à l'encre, sans blanc, ni surcharge ». Pour l'inventaire : « à l'encre, sans blanc ni rature ou surcharge ».

Si vous passez par un logiciel, il doit remplir trois conditions : aucune modification possible après validation, une édition immédiate à la demande d'une autorité de contrôle, et le nom et l'adresse de l'établissement sur chaque page éditée.

Combien de temps le garder

Dix ans à compter de la dernière mention, pour le registre, les éditions informatiques et les documents de destruction. En cas de fermeture définitive, le registre est remis à l'ARS (article R. 5132-37). Les copies d'ordonnances de stupéfiants, elles, se gardent trois ans (article R. 5132-35).

Les questions qu'on se pose

Le registre doit-il être coté et paraphé ?

Non, plus depuis 2007. L'obligation de le faire coter et parapher par le maire ou le commissaire a été retirée par le décret n° 2007-157 du 5 février 2007.

Un simple cahier suffit ?

Oui. L'Ordre des pharmaciens l'écrit lui-même : le registre « peut également être tenu sur un simple cahier comportant les mentions obligatoires prévues par le CSP ». Ce qui compte, ce sont les mentions et la tenue.

Qui contrôle ?

Les pharmaciens inspecteurs de santé publique et les inspecteurs des ARS qui ont la qualité de pharmacien (article L. 5127-1), et le cas échéant le vétérinaire officiel.

Les textes officiels

Le registre déjà prêt

Une page par médicament, les entrées et les sorties en face, la balance mensuelle et l'inventaire annuel déjà tracés. Vous écrivez à l'encre, sans blanc, et l'inspecteur lit tout d'un coup d'œil.

Voir le registre des stupéfiants

Textes relus sur Légifrance en septembre 2026.

Le registre prêt à remplir

Couverture : Registre des stupéfiantsRegistre des stupéfiantsPour la pharmacie : les entrées et les sorties, ligne par ligne.Voir le livre sur Amazon